La décision, annoncée vendredi à Lisbonne, à la veille du départ, a été prise «après différents échanges avec le gouvernement français, en particulier avec le ministère des Affaires étrangères, compte tenu de ses fermes recommandations». Depuis la mort de quatre touristes français le 24 décembre dans une attaque armée près d'Aleg, au Sud du pays, une ombre planait sur le Dakar 2008. Les organisateurs, le patron Etienne Lavigne en tête, s'étaient rendus à Nouakchott pour évoquer la question de la sécurité et avaient obtenu un renforcement des mesures par les autorités mauritaniennes, sachant qu'une modification du parcours était quasi impossible à mettre en place puisque la caravane devait rester la moitié du temps en Mauritanie, du 11 au 19 janvier.
L'avenir du Dakar pas remis en cause
Tout en assurant qu'une éventuelle annulation devait être «leur affaire (celle des organisateurs), celle d'une entreprise privée» et non imposée par l'Etat, le gouvernement multipliait néanmoins les alertes. Vendredi matin, le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, rappelait encore sur RTL que ce parcours sillonnant «une région très incertaine traversée par les réseaux d'Al-Qaïda Maghreb» est «dangereux» et qu'il avait le devoir de «prévenir (les concurrents) parce qu'il y a d'autres incidents d'après nos services». Après réflexion, les organisateurs ont conclu qu'il ne pouvait être «envisagé aucune autre solution raisonnable que l'annulation».
«Le Dakar est un symbole et rien ne peut détruire les symboles. L'annulation de l'édition 2008 ne remet pas en cause l'avenir du Dakar», rebondit le communiqué, tout en reconnaissant que la «menace terroriste anéantit une année de travail, d'engagement et de passion pour tous les participants et acteurs». Pour beaucoup de concurrents amateurs, cette annulation risque d'avoir des conséquences financières. «Il va falloir qu'on ait un peu plus de précisions. Savoir pourquoi on en est arrivé là et qu'on l'a su aussi tard. Ce sont des mois et des mois de travail qui s'en vont en fumée... Des mois de travail sportivement et dans la recherche de partenaires (..) C'est dramatique», a confirmé le motard professionnel David Frétigné